Rework: une vision différente du monde du travail et de l’entrepreuneuriat
J’attendais la sortie du dernier livre des fondateurs de 37signals, Rework, avec intérêt depuis un certain temps. J’avais apprécié leur premier livre, Getting Real (en autopublication). Je n’avais pas trop d’attentes pour le second livre, pensant qu’il reprendrait en grande partie le contenu du premier, mais mieux présenté suite à l’implication d’un «vrai» éditeur. J’avais en partie raison et en partie tord: on retrouve dans Rework les idées de Getting Real (et plus largement, les idées que Jason Fried et David Heinemeier Hansson véhiculent sur toutes les tribunes), mais elles sont été «remixées» et distillées… Rework-ées??
Pour tenter de résumer la pensée des auteurs, retenons qu’ils ont une approche de gestion des projets, des ressources humaines et financières, du recrutement et du portfolio de produits qui s’appuie sur des valeurs de simplicité, de confiance, de transparence et de gros bon sens. Ces valeurs se manifestent dans des conseils de gestion simples (moins d’une centaine), chacun présenté dans Rework par un court essai d’une page ou deux, accompagné d’une illustration. Les conseils vont de «dites d’abord non» à «les meetings sont toxiques», en passant par «congédiez les bourreaux de travail». J’ai aussi beaucoup aimé «embauchez des gens qui savent rédiger», «le marketing n’est pas un département» et «les décisions sont temporaires».
La structure par courts essais, le soin qu’ont apporté les auteurs à rendre le livre le plus synthétique possible (on apprend qu’ils sont passés de plus de 50 000 mots à 27 000 au cours du processus éditorial) et le style direct, conversational, en font une lecture relativement facile et rapide. Le contenu est très intéressant, et j’ai tendance à rejoindre la majorité des commentaires élogieux qui ont été formulés sur le sujet.
Évidemment, les auteurs appliquent leur philosophie au maximum au livre. Ils recommandent des créer des produits qui émettent une opinion claire, et leur texte le fait. Ça mène parfois à quelques exagérations ou généralisations qui ne peuvent pas d’appliquer dans toutes les entreprises ou tous les contextes, mais ça n’enlève rien à la qualité du livre (au contraire!).
Somme toute un incontournable pour les amateurs du style 37signals, mais surtout un bon point de départ pour ceux qui veulent revisiter la façon dont ils travaillent.
Pour référence, le site officiel du livre: http://37signals.com/rework/.
Entrevue avec David Heinemeier Hansson de 37signals
Dans cette entrevue (via lui-même), DHH tient des propos qui correspondent assez bien à ce qu’on comprend de sa philosophie d’affaires en lisant Getting Real, en regardant sa présentation au startup school, ou même en lisant le dernier billet humoristique du blogue de 37signals.
J’ai surligné les passages importants ici, et je retiens qu’il revient, comme à son habitude, sur l’importance de générer rapidement des profits pour un startup. Selon lui, les entreprises qui créent réellement de la valeur à long terme sans s’occuper des profits sont plutôt rares, et il voit un problème à ce que les médias technos entretiennent la «pensée de la côte ouest» (ses termes) qui laisse croire qu’on peut avoir du succès en affaires seulement avec des produits gratuits.
J’achète tout à fait l’argument sur l’importance du profit, mais pense qu’il faut être plus nuancé (probablement pas possible pour DHH!) sur la question de la gratuité.
Source : gihyo.jp
Éloge de la simplicité: Getting Real
Pour différentes raisons, je réfléchis à la notion de simplicité dans les projets d’entreprise depuis un certain temps et ce sont pour l’instant les idées du livre Getting Real, de l’équipe de 37Signals, qui me reviennent souvent en tête. Une bonne lecture, courte, facile, pas très nuancée (à l’image de ce que fait 37Signals) mais relativement inspirante.
Pour me raffraîchir la mémoire sur le contenu, je viens de lire deux résumés, dont je note quelques passages ici.
D’abord, Simple Entrepreneur fait une synthèse en 15 points, dont je note en particulier:
1. Proposer moins de fonctionnalités
3. Etre flexible
4. Avoir un équipe réduite mais polyvalente
8. Travailler sans être interrompu
10. Fêter chaque petite victoire
15. Etre ouvert
Ensuite, le geek directeur technique fait un résumé un peu plus détaillé, dont je partage la conclusion:
Difficile de se faire un avis tranché sur la méthode Getting Real. Les recettes qui ont convenu (et qui conviennent encore) à 37signals ne sont pas forcément celles qui conviennent à tout le monde. Mais je dois bien avouer qu’il est assez rafraichissant de voir ces principes écrits noir sur blanc. Trop de startup et de petites entreprises font l’erreur de vouloir mettre en place des procédures lourdes et complexes, s’inspirent de ce que font les grosses compagnies, alors que cela n’est pas adapté.
Vu en me connectant dans Basecamp aujourd’hui… Une étude de marché simple, peu coûteuse et probablement très efficace, à la façon 37signals. Un clic sur le lien mène à un questionnaire avec deux questions. Ce n’est pas intrusif, ça ne demande presque pas de temps. Basecamp est un super bel exemple d’utilisation des technologies pour aider intelligemment des processus de gestion (la gestion de projets dans ce cas), qui fêtait son 5e anniversaire récemment (une éternité dans le monde des applications web). J’en reparlerai sûrement sous d’autres angles.